06 mai 2008
Borderline
Juste une petite note de feignasse en passant pour vous signaler que j'ai mis le blog de Borderline en lien à droite.
Il a arrêté il y a un an exactement, juste quand je suis tombée sur son blog. Ironie du sort, son dernier commentaire est de moi, j'en profitais au passage pour me faire une pub éhontée (je me cite : "Bonjour, je découvre ton blog le jour ou tu arrêtes, c'est un signe que je suis ta réincarnation. Viens vérifier sur dusktildawn.canalblog.com").
En ce temps là je prenais encore l'effort de mettre en place des campagnes de marketing-push. Maintenant je fais plutôt du marketing-couche avec des blogueurs célèbres, et c'est pas ça qui fait remonter ma cote pour autant.
Je ne pense pas qu'un blog soit mort le jour où il arrête : il reste, au même titre qu'un livre, une trace pérenne de la pensée de son auteur, dans l'immensité infine de la blogosphère. Amen.
Puisque ces temps ci nous parlons poésie sachez que Borderline est, entre autres, l'inénarrable auteur de ce poème, qu'il adressa en son temps à sa dulcinée :
« Quand je l’ai aperçue, j’ai su que c’était elle,
Son teint clair, sa peau de pêche, ses yeux couleur azur,
Pour l’instant mes connasses je me taperai bien la quenelle,
Contre une pute à 100 balles au fond de ma voiture,
Dolorès, c’est le nom de ma douce promise,
Se réserve, c’est son droit jusqu'à nos épousailles,
Jusque là je dépoli toutes les figues de Saint Drize,
En passant par Mormeux, Saint Christo et Linaille,
Je veux que ma colombe vive comme une princesse,
D’amour, de romantisme et de matins de rose,
Mais avant je me finis dans les bouges de Barbès,
Où j’attrape des maladies et autres mycoses…
Je trouve noble de sa part de conserver sa fleur,
Avant que nous prononcions nos vœux infinis,
Par contre les putes niveau pognon c’est une horreur,
Elles m’amputent le budget de la cérémonie…
Du coup c’est organisé au Buffalo Grill,
Sur la route du stade en direction de Pignoux,
Au menu des grillades et saucisses d’Auberville,
Arrosé des fines bulles d’une blanquette du Limoux »
Alors lisez les vieux textes de Borderline et gondolez-vous!
28 avril 2008
Self service
J’en ai assez de recevoir des messages qui commencent par « Salut Miss ».
En général, quand ça commence par « Salut Miss », ça commence mal, en fait.
Ca laisse présager d’une soirée assez convenue. Ou alors ça continue par un SMS qui dit « Tu sens le cul », et franchement, je préfère laisser cela à Mamie Dusk.
Puisque je n’arrive pas à trouver de meeticien/blogueur capable de m’envoyer la missive dont je rêve, aujourd’hui je me l’écris moi-même.
« Dusk
Je passe te chercher ce soir
On partira sur ma grosse moto
Tu mettras un casque noir
La vitesse écrasera tes lolos
Sur le périph’ on ira rouler
A toute berzingue on pourra glisser
Des flashs nos yeux illuminés
Impression rétinienne assurée
Je t’emmenerai dans une virée
Des lieux impurs les plus incroyables
On boira des alcools sucrés
On rira fort à notre table
La vie sera un happening
Tu as gagné mon casse-ting
Sur ma queue tu feras tes sittings
Et une bonne session de casse-string
Oui je suis barge et j’assume
Des jours j’te ferai boire l’écume
On baisera sur le bitume
Je serai lourd comme une enclume
Tu fais la fière, mais t’es une pomme
Moi je saurai te presser
Tu vas apprendre ce qu’est un homme
Tu vas voir tu vas aimer
Tu en as marre des conventions ?
Des arrangements petit-bourgeois ?
Je serai ton monty-python
Tout entière tu m’appartiendras
Signé zizi_panpan27 »
Oui je sais c’est un tout petit peu cliché, la vitesse, la moto, le zeste de soumission, tout ça. C'est un peu comme dans la chanson de Souchon "J'veux du cuir". Mais ça serait tellement bon….
Avis aux poètes/prosateurs en herbe !
25 avril 2008
Mamie Dusk
Sur l’air de « Père castor, raconte-nous une histoire »
« Mamie Dusk, raconte nous un plan cul »
Mamie Dusk est assise dans le grand fauteuil près de la cheminée. Tous ses petits-enfants sont en tailleur auprès d’elle. Il y a là le petit Raymond, le petit Benito, la petite Simone et sa sœur Marcelle. Raymond et Simone sont les enfants de sa fille Myrtille, et Benito et Marcelle ceux de son fils Armand. La mode en matière de prénoms est un éternel recommencement.
(Je précise que Mamie Dusk est devenue mamie car elle a réussi à concevoir. Après avoir adopté un rôti de porc à la fin des années 2000, elle est finalement tombée enceinte des œuvre du charcutier qui gardait feu son fils Petit Rôti en nourrice. Lui au moins ne se trompait pas d'orifice, pas comme son bel amant zizi_panpan25)
Les enfants : Mamie Dusk, Mamie Dusk, raconte nous un plan cul !
MD : Non les enfants, aujourd’hui nous allons raconter l’histoire de roule-galette, car vos parents m’ont sermonée, ils trouvent que ce que je vous raconte n’est pas convenable.
Benito : Ha non Mamie Dusk, on s’en branle de roule-galette, c’est ringard, raconte nous plutôt ton plan cul le plus sordide, celui de la Bastille !
Chœur des enfants : Oui, mamie, encore !
MD : Ho non, pas celui-là ! Je veux bien vous raconter un plan cul, mais pas celui-là quand même ! Ca va encore mal se terminer. Vous ne voulez pas plutôt un récit de mes virées aux Chandelles ?
Raymond : Non, mamie, ça c’est trop soft, nous on aime les histoires horribles !
Chœur des enfants : Oui, mamie, du gore !
MD : Bon alors mes virées dans un sauna échangiste de Pigalle, les jours ouverts aux hommes seuls, ça c’est du lourd, non ? Vous ne voulez pas que je vous raconte la fois où ça a quasiment tourné au gang-bang ?
Simone : Non, mamie, tu nous l’as raconté mille fois déjà, c’est lassant, nous on veut le plan de la Bastille !
Chœur des enfants : La Bastille, La Bastille !
MD : Bon je vais encore me faire enguirlander par vos parents, hein, vous ne leur répéterez pas, d’accord ? Je vous photocopierai l’histoire de roule-galette, vous l’apprendrez par cœur, et comme ça ça fera plus crédible si jamais ils vous questionnent. OK ?
Chœur des enfants : OUI ! Vas-y mamie Dusk !
MD : Alors voilà. C’était à mes débuts dans la carrière du sexe. Je n’étais pas encore assez exigeante, ma démarche manquait de fine-tuning. Alors un jeune homme du nom d’Antoine Blois m’avait contactée par Copains d’Avant. Je pensais que nous avions été dans le même lycée ou quelque chose comme ça. Pourtant son visage ne me disait rien.
Simone : Il voulait juste te sauter sans payer Meetic, hein Mamie ?
MD : Ma petite Simone, on ne dit pas « sauter », ce n’est pas élégant. On dit « Faire l’amour ». Bref, il m’envoyait mail sur mail, me faisait plein de compliments. Vous savez que je suis coquette ! Alors j’ai accepté de le recontrer, en terrain neutre, dans un café.
Raymond : Et tu l’as sucé dans les toilettes.
MD : Raymond, on ne dit pas « sucer », on dit « Pratiquer une caresse oro-génitale ». Soit plus précis dans ton vocabulaire, j’ai déjà remarqué ta propension à l’inprécision, c’est même écrit dans ton carnet de classe, d’ailleurs. Bref, pas du tout, nous avons discuté de sa carrière, il travaillait à la Sécurité Sociale ou il était Directeur
Adjoint, et nous avons comparé les mérites du public et du privé. Il
avait 50 jours de RTT par an, et pouvait les poser à volonté, ce qui
m’avait plongé dans des abymes de perplexité, je m’en souviens. A
l’époque, je travaillais encore chez We Feed the World, et j’avais
toutes ces réunions de coordination transverse à organiser, je
n’arrivais jamais à prendre de congés. C’était difficile, la
globalisation était en marche, je traitais avec tous les fuseaux
horaires, en particulier avec l’Inde où…
Benito : Mamie tu nous saoules avec tes histoires de bureau démodées, c’est vraiment tellement 2000 ce que tu racontes, aujourd’hui tout a changé puisqu’il n’y a plus du tout de fuel, on est tous petits commerçants ou maraîchers. Allez, accélère !
MD : tu as raison mon petit Benito, je radote, hein ? Bon, enfin c’était une époque exaltante, tous ces emplois à délocaliser, et moi j’étais en première ligne, je coordonnais transversalement les plans de « maximisation des effectifs offshore ». Bref. Donc Antoine Blois était intéressant, il disait des choses comme « Tu dois te faire un max de thunes, mais tu bosses comme un chien, alors que moi quand je serai nommé Directeur je ferai bosser les autres et j’en foutrai pas une rame, c’est ça le secteur public ». Il bougeait beaucoup quand il parlait, il avait l’air assez agité, il se tortillait sur sa chaise. Je trouvais qu’il faisait vieux pour son âge. Il était blond.
Simone : Blond ? Beurk, Mamie, tu ne t’es quand même pas tapé un blond ? C’est répugnant !
MD : On ne dit pas « se taper quelq’un » ma chérie, on dit « Faire l’amour ». Oui je sais c’est contre mes principes, surtout qu’il avait les yeux bleus. Bref, je mets fin à la conversation, je paie mon Coca Zéro, et je me sauve en lançant mon célèbre rire de gorge, au cas où, bien qu’Antoine Blois ne me plaise pas du tout. Mais vous savez on n’est jamais trop prudente en matière de sexe, il faut toujours avoir quelques réserves, quand la bise vient, faute de grives on mange des merles et la cruche s’en prend quand même plein le pot.
Benito : Oui enfin quand on a le feu au derche, on se tape des moches surtout, hein mamie ?
Chœur des enfants : Hahaha, Mamie elle se tape des moches hahah !
MD : Bon les enfants, ne soyez pas si moqueurs. J’aimerais vous y voir. Non ! Benito, arrête de tripoter Simone, c’est ta cousine germaine malheureux ! Enfin. La semaine suivante, j’ai reçu de nombreux textos de sa part, dont un, mémorable, qui disait « Tu sens le cul, j’ai envie de te sauter ». La formulation m’avait un peu surprise, surtout que je m'étais douchée le jour ou je l’avais vu, mais je crois qu’il voulait dire dans son langage à lui que je sentais le sexe. Il fallait décrypter, c’est quelqu’un qui faisait beaucoup de sport, il ne pouvait pas être littéraire par-dessus le marché, déjà qu’il était fonctionnaire (hihi) ! Et puis cet autre texto « J’ai pensé à toi ce matin sous ma douche, c’était bon ». J’étais perplexe, mais il insistait si fortement que mon petit cœur de gauche commençait à battre : il allait falloir faire quelque chose pour lui. Vous savez à quel point Mamie Dusk est altruiste, n’est ce pas les enfants ?
Marcelle : Ha oui, mamie tu es tellement altruiste !
MD : Merci Marcelle. Toi au mons tu es gentille, et bien élevée, pas comme tes cousins qui ne pensent qu’au sexe. Benito arrête de jambiner Raymond, tu crois que je ne te vois pas ? Bref. Finalement j’ai accepté d’aller prendre un café chez lui. Il m’avait vanté les mérites de son appartement de la Bastille, je me disais qu’un café
dans un quartier populaire c’était tout à fait correct. En arrivant chez lui, avec des croissants
(c’était le matin), je me répétais mon mantra «Ce n’est pas parce qu’on est de gauche qu’on doit s’introduire n’importe quoi dans le vagin
». Oui je sais ce n’est pas très bien tourné comme mantra, mais à
l’époque je n’avais pas encore cette plume acérée et ce sens de la
formule que vous me connaissez.
Marcelle : et c’était comment chez lui ?
MD : Hé bien ma petite Marcelle, c’est là que les choses se sont détériorées. Car moi je sentais peut-être « le cul », mais sa maison, elle sentait surtout la chaussette. Tu sais à quel point j’ai toujours eu horreur des intérieurs de célibataires endurcis, avec ce fumet caractéristique de la chaussure de sport, les mugs pleins de calcaire dans le lavabo, les rideaux accrochés avec du scotch, le frigo vide et les haltères qui traînent. Les hommes mariés c’est mieux d’abord parce qu’ils vous emmènent à l’hôtel et surtout parce que leurs chaussettes sont propres.
Simone : Beurk !
MD : Tu as raison ma petite Simone, c’est exactement ce que j’ai ressenti. D’ailleurs j’ai eu du mal à avaler mon café. Antoine Blois n’arrêtait pas de caqueter, il ponctuait toutes ses phrases d’un « C’est cool, non ? », me parlait de sa pratique sportive intensive, de sa joie de vivre intensive, de ses pratiques sexuelles intensives. C’était un garçon très intensif. Plus il s’intensifiat, plus je me recroquevillais dans mon fauteil Poang Ikea. Mais enfin si j’étais venue, c’était pour soigner un syndrome de plateau hormonal, donc il allait falloir être courageuse ! C’est là qu’il a commencé à m’embrasser dans le cou. Cela me réchauffait un peu, car il faisait froid, j’avais ouvert toutes les fenêtres pour chasser cette odeur de chaussette insoutenable. Ensuite il m’a tirée vers son lit, j’ai eu un réflexe de survie « Les draps sont propres ? ». Il m’a assuré qu’ils étaient de la veille. J’ai du mal à le croire, car l’odeur de chaussette imprégnait aussi la housse de couette. Mais bon, il utilisait peut-être une lessive bio sans parfum et sans phospates ? Je décidais de le croire et je m’allongeais toute habillée contre lui. Les draps collaient un peu.
Le chœur des enfants : Beurk !
MD : Oui les enfants c’est difficilement concevable ce que l’on peut accepter de faire en période de plateau hormonal. Mais je me suis allongée contre lui. Pour me détendre, il me caressait le ventre avec ses mains glacées, et il me racontait ses innombrables voyages « Oui au Brésil, tu comprends, la prostitution n’est pas vécue pareil, tu couches avec une fille et elle te demande un billet de 20 euros, tu lui donnes, et puis en Asie, la prostitution fait partie de la culture locale, tu vois, alors ce n’est pas comme en Europe, il faut comprendre les cultures locales, moi j’ai beaucoup voyagé je comprends mieux les cultures locales ». Oui je sais les enfants, ne faites pas cette tête, il existe en ce bas monde des gens qui disent des choses comme cela, pire, ils les pensent ! Ensuite il a commencé à me retirer mon jean, et a commencé à me lécher le sexe avec application. Curieusement, à cet instant, j’ai pensé à Mabrouk, la mascotte de 30 millions d’amis. Je ne sais pas pourquoi. Ha si, peut être parce que j’avais l’impression qu’il me lappait la vulve. Visiblement il n’avait jamais entendu parler de la situation topographique du clitoris. Trop de voyages, sans doute, il avait perdu ses repères. Il faut croire que les prostituées brésiliennes ne sont pas faites comme la majorité des femmes. Ou plutôt qu’elles sont prête à déplacer leur clitoris à volonté, en échange d’un billet de 20 euros, ce qui prouve qu’elles sont encore plus douées que les contorsionnistes chinoises….
Les enfants : Mamie, la suite ! Tu t’égares !
MD : Oui je m’égare. Ensuite, après m’avoir bien bavé partout dans l’entre-jambe, il a tenté de s’introduire en moi de face. Je n’aimais vraiment pas son visage, alors je lui ai tendu mon postérieur.
Simone : Tu as eu raison Mamie, à ta place j’aurais fait pareil. Sinon c’est trop insoutenable. Surtout que c’était le genre à faire des grimaces horribles pendant l’orgasme.
MD : Dis donc ma petite Simone, tu as 5 ans mais tu m’as l’air bien renseignée. En l’espèce, Antoine Blois ne faisait pas particulièrement de grimaces, enfin je ne crois pas je crois que j’ai fermé les yeux, mais il a poussé un cri digne d’un goret au moment de jouir, c’était effrayant.
Le chœur des enfants, terrorisés : Mamie, c’est horrible ! Arrête !
MD : Ha non bande de petits polissons, vous m’avez demandé mon plan cul le plus sordide, maintenant il faut assumer. Vous regrettez Roule-Galette, hein, maintenant ? Que cela vous serve de leçon ! On va aller jusqu'au bout.Bon, après avoir joui, Antoine Blois m’a dit qu’il avait bien pris son pied, que c’était « cool le sexe », et m’a félicitée pour mon excellente lubrification. Oui les enfants, à l’époque je n’étais pas ménopausée et on me félicitait fréquemment pour ma lubrification, ce qui m’a sortie d’un mauvais pas plus d’une fois car les plus moches de mes plans cul prenaient cela pour du désir à leur égard. Quelle illusioniste je faisais, quand même ! J’étais vraiment carossée pour être une star du porno, quel dommage d’être restée coordinatrice transverse toute ma carrière. Bref. Là, Antoine Blois m’a précisé qu’habituellement il ne mettait pas de préservatifs avec ses partenaires, car elles étaient moins bien lubrifiées que moi et que, je cite « le sperme les hydratait », ce qui, je cite toujours « permettait de faire l’amour plus longtemps ».
Le visage des enfants prend une teinte verdâtre
MD : Puis il a tenu bon de préciser que les capotes lui serraient le sexe, que du coup il faisait l'amour moins longtemps, et qu'après tout "le risque c'était la vie". En cela sa pensée politique se rapprochait de celle de Laurence Parisot. Cela dit, je ne suis pas sûre que le vocable « faire l’amour » soit tout à fait adapté au cas d’Antoine Blois, mais je n’ai pas eu le temps d’y réfléchir car j’ai été prise d’un haut-le-cœur. C’est ce moment qu'il a choisi pour regretter que je ne l’ai pas sucé, « c’est dommage quand même j’aime bien les pipes, Miss ».
Les enfants vomissent leur quatre heure.
MD : Ha voilà, maintenant vous avez régurgité tous vos chocos BN sur mon lino, c’est du propre ! Comment je vais faire pour nettoyer tout ça ? Ha c’est la dernière fois que je vous raconte un plan cul, hein ? La prochaine fois c’est roule-galette, je serai inflexible. Bref, je suis partie dans la salle de bain d’Antoine Blois, il y avait un vieux fond de gel douche Axe sur le rebord de la baignoire, et du dentifrice Leader Price collé sur le lavabo, mais j’ai réussi à me débarbouiller et à me sécher dans une veille serviette humide et un peu moisie qui traînait là. En sortant de la salle de bains, j’ai eu du mal à garder mon sourire de circonstance, quand même, j’ai fait des années de théâtre amateur, mais là c’était trop. Je crois que j’ai regardé Antoine Blois un peu comme je regarde votre vomi, maintenant. Le regard de Mamie Dusk se perd dans le vague, son visage se déforme un peu, son célèbre sillon naso-génien se ravine un peu plus.
Simone : Mamie, on peut s’en aller, maintenant, laisse nous partir ! Il y a « Bonsoir les zouzous » sur la 5, on voudrait rentrer chez nous et regarder l’Ane Totro pour nous remettre de nos émotions.
MD : Oui les enfants, je comprends qu’après Antoine Blois, on ait besoin de l’Ane Trotro, "tro trop rigolo", pour se requinquer. C’est bien naturel. Enfin Antoine Blois m’a quand même mise à la porte d’un sonore « T’es une fille compliquée, quand même, Miss ! ».
Les enfants : Non, Mamie, arrête, on n’en peut plus, au secours.
MD : Allez, je vous laisse partir, vous avez été charmants mes poussins. A mercredi prochain pour une autre histoire ? Mon Hit-and-Run avec un photographe rencontré sur Meetic qui faisait la vaisselle dans son bac de douche (j’avais failli tomber en mettant le pied dans une casserole après avoir fait ma toilette), et qui se masturbait avec de l’huile d’olive, d’accord ? Ou la fois où je suis allée chez un Meeticien sans avoir réalisé que mes règles avaient déjà commencé ?
Raymond : Heu, non, mamie, mercredi prochain on préfère rester au centre aéré, c’est un peu trop éprouvant tes histoires. Et puis on a déjà vu Carrie de Stephen King sur Ciné Cinéma. Bisou mamie.
MD : Bisou les enfants.
Les enfants partent.
Mamie Dusk s’attelle à nettoyer son lino. Elle se parle à elle-même.
« Quand même, ce sont de petites natures ! Moi qui voulais leur raconter la fois où j’ai sucé un trader dont le sexe énorme sentait le poisson pas frais, on aurait dit un steack de thon. Ils font des rodomontades mais ils sont bien sensibles…c'est la même chose à chaque fois, ils se poussent du coude et puis à la fin j'ai mon lino tout saccagé avec leurs BN. Ha la nouvelle génération, que des mauviettes. Je suis sûre qu’au fond d’eux-mêmes ils rêvent d’amour et de romantisme, va ! ».
23 avril 2008
Anniversaire !
Aujourd’hui, chers lecteurs, j’ai un an de plus.
Bon anniversaire ma chérie ! Que tu es belle et bien conservée ! (on n'est jamais si bien servi que par soi-même)
Et surtout, ce mois-ci, chers lecteurs, ce blog a un an. Un an d’efforts acharnés, un an de sueur, pour produire à jet continu ces billets pornographico-humoristiques dont toute la blogosphère bruisse et se pâme. Ou couine et brâme, je ne sais plus trop.
Aujourd’hui, chers lecteurs, je vais vous révéler comment et pourquoi j’ai commencé à bloguer.
Un jeune ami à moi, motard et meeticien de son état, qui ne désespérait pas de me tringler, m’avait le même jour parlé de l’existence de la blogosphère -je ne savais même pas ce qu’était un blog-, et indiqué l’existence de la plate-forme Canalblog. Nous revenions d’un pic-nic au bois de Boulogne, ou il avait pris l’habitude de m’emmener déjeuner d’un jambon-beurre, car il faisait très beau. A moto,la Défense est très proche du Bois de Boulogne. Il
tentait toujours des subterfuges du type « Ho, excuse-moi je crois que
j’ai renversé ma mayonnaise sur ton pantalon attends je vais essuyer ça
» pour tenter un massage clitoridien sensé
m’attirer ses faveurs, mais je n’étais pas dupe et je voyais bien que
la note de teinturier s’alourdissait à chacune de nos escapades.
Rentrée à mon bureau, j’avais, comme à l’accoutumée, une grande réunion de coordination transverse à organiser, et fût prise, comme à l’accoutumée, d’une crise aïgue de procrastination. Ce qui me laissa tout loisir de créer mon blog, sur lequel je tapais mes tout premiers billets. Cela donnait quelque chose comme :
« Je m’appelle Frédérique Bredouille, j’aime beaucoup Meetic et je me tape tout plein de garçons, et hier il y en a un qui m’a prise en levrette et qui m’a dit houlalala comme j’aime bien te bourrer en levrette, sur Meetic il s’appelle zizi_rigolo 42 mais en fait son vrai nom c’est Jérôme Croque-Monsieur il travaille à Puteaux chez IBM il et puis ausssi il y en a un qui m’a joui tout plein sur ma figure en criant houlalala, c’est un gros cochon, sur Meetic il s’appelle zizi_coquin 45 mais en fait son vrai nom c’est Hervé Croque Madame, il travaille à Clichy chez L’Oréal »
C’était passionnant et délicat. Pensé-je.
Fière de moi, j’appelais sur le champ mon ami motard pour lui exposer mes talents littéraires. Il fût effrayé. Il craignait à l’évidence pour sa réputation, pourtant je l’assurais de rester discrète sur la nature de nos relations mayonnesques. Pour le rassurer, je supprimais les références ouvertes à mes partenaires de jeu, que je nommais désormais sous les vocables plus neutres de zizi_panpan 38 et zizi_panpan34, sans préciser ou ils travaillaient.
Je pensais en rester là, et me réjouissais d’avoir de nombreuses autres histoires tout aussi passionnantes à raconter : comment zizi_panpan19 m’avait sodomisée dans les toilettes de l’UGC Ciné Cité, comment zizi_panpan45 m’avait donné une grosse fessée dans un ancien claque de la Porte Maillot etc …
C’est là que mon histoire prend un tournant extrêmement web2.0 et communautaire. En effet, le lendemain, fait extraordinaire, j’avais déjà un commentaire. Hé oui, je découvrais, sidérée, que quand on met quelque chose sur le Net, il y a des gens assez oisifs pour venir les lire !
« Raconter ses histoires de cul sur Meetic c’est d’une banalité ! Signé Maylis»
Comment ? Frédérique Bredouille, qui n’avait déjà pas la chance de s’appeler Frédéric Beigbeder, manquer d’originalité ? Pourtant j’avais frappé fort avec mon histoire d’éjaculation faciale, et puis le fait que zizi_rigolo42 ait crié Houlala ne manquait pas non plus de piment, je trouve !
Le commentaire émanait d’une jeune personne qui savait de quoi elle parlait puiqu’elle avait passé une année à raconter ses échanges par chat. Il fallait me rendre à l’évidence. Un rapide benchmark (une semaine de surf intensif à temps plein sur les heures de bureau) me permit de réaliser qu’effectivement, les sites de ce type pullulaient, le sommet du genre étant sans nul doute le dénommé Anadema qui se contentait de copier les messages qu’il recevait et de les annoter de commentaires vengeurs. Une démarche à la limite de l’expérience d’art contemporain par sa froideur et sa brutalité quasi-clinique, en somme, qui lui vaut d’être en lien à droite.
Finalement, au bout d’un mois de surf, je dénichais une pépite : un dénommé Alban, (probablement un pseudo en hommage à Alban Ceray, porno star franchouillarde des années 70), agent immobilier de Neuilly, racontait ses péripéties sexuelles innombrables sur le site « Sexe et Commerce ». Il illustrait ses récits de photos de Barbies, car il comparait ses conquêtes à des « poupées », ce qui prouvait un niveau de maturité conceptuelle élevé. Il était très technique : grâce à lui on pouvait enfin savoir comment s’y prendre pour s’enfiler 5 « Barbies » dans le même week end, en faisant au passage une séance de Stairmaster au Gymnase Club.
Son style rappelait furieusement celui de Brett Easton Ellis, si tant est que le Patrick Bateman d’American Psycho eût habité Neuilly et eût omis de fabriquer des pâtés de femmes dans sa baignoire. En effet Alban, loin de confectionner des colliers avec des ossements de prostituées, se contentait de lécher l’anus de quantités de meeticiennes, à sa « façon si particulière », ce qui déclenchait en moi des spasmes pré-orgasmiques. (Cela dit, au bout d’un mois de procrastination intense, j’avais peut-être plus prosaïquement des crises d’angoisse en pensant à la somme de travail inachevé que j’avais laissé s’accumuler. Je découvrais à l’occasion le caractère addictif du Net)
Alban racontait aussi sa vie professionnelle à Neuilly. Etant moi-même basée à la Défense, chez We Feed the World,
je me disais qu’il pourrait peut-être me faire connaître sa « façon si
particulière », lors d’une visite d’appartement entre midi et deux par exemple.
Et comment mieux séduire un amateur de littérature qu’en maniant la plume soi-même ? He oui chers lecteurs, je l’avoue, c’est pour tenter de séduire Alban que j’ai réellement commencé ce blog. « Meetic et Cac 40 » est le petit frère incestueux et plagiaire de « Sexe et Commerce ».
Le sommet de cette tentative de séduction fût sans doute le jour ou je publiais ce texte : Bac Français, dans lequel je faisais étalage de mes connaissaces littéraires, qui pourtant se résument à quelques siestes au fond d’une classe d’hypokhâgne, au tournant des années 90. (Un jour je me livrerai au même exercice de commentaire sur les textes de quelques autres bloggueurs influents de ma connaissance). Je rends aussi un hommage appuyé à Alban ici , dans ce texte sur les aventures d'un blogueur, car il me semble que la pulsion qui pousse quelqu’un à écrire un « journal extime » est souvent la même. Enfin, le blog d’Alban a été victime en juillet 2007 d’une sorte de happening communautaire mené par ses lecteurs fidèles, auquel j’ai eu le plaisir de participer sous le pseudo de Tata, puis de El Tatah, mouvement de libération des Barbies (El Tatah Win !), à lire ici . Enfin du Web 2.0 vraiment interactif : pendant quelques heures le blog d’Alban avait littéralement cessé de lui appartenir. Ceux qui me lisent régulièrement connaissent mon goût pour les happenings. Et aussi pour le body-art façon Vienne 72 ….
Par la suite, j’ai moi-même fait maturer mon propre concept, de façon à montrer que les liens entre capitalisme et pornographie sont finalement très étroits, que les mécanismes à l’œuvre sont les mêmes dans l’industrie du sexe et dans l’industrie tout court, que ce qui s’y passe est très ritualisé et très prévisible.
La semaine dernière, j'ai pris un verre avec Alban au Drugstore Publicis. Aujourd’hui, il est plus raisonnable sur le plan sexuel, il écrit un livre. Il est toujours aussi virulent, un poil mythomane, et s’il manie moins sa queue, il manie toujours bien la plume. Apparemment c'est moi qui lui ai redonné l'envie de bloguer : quel juste retour des choses ! Son nouveau blog est ici et à l’occasion de mon anniversaire et de celui de mon blog, il était légitime de lui rendre hommage.(Ha au fait il se fait appeler Romain maintenant, mais j'ai du mal à cesser de l'appeler Alban).
A tout seigneur tout honneur. Bisou mon Albounet.
Tata Dusk.
21 avril 2008
Naiveté
Aujourd’hui, avec Mademoiselle Dusk, apprends à truquer un appel d’offres
Dans le CAC 40, pourquoi lance-t-on un appel d’offres ?
Pour donner l’illusion que la libre-concurrence existe. Les nouveaux prestataires croient ainsi qu’ils ont une chance d’emporter le marché, alors que personne ne les connaît, que leurs fonds propres se limitent aux 50K de la donation de leur mamie, et que leur société n’est même pas encore enregistrée au RCMC (Registre du Commerce de Mon Cul).
Pour donner l’illusion que l’on est ouvert d’esprit et innovant. Les nouveaux prestataires croient ainsi qu’ils ont une chance d’emporter le marché, et font assault de propositions extraordinaires, avec utilisation de gadgets novateurs vibrants, et recours à des foultitudes d’intermittents du spectacle pour pimenter la proposition. (Au passage, on pourra utilement repomper leurs idées ultérieurement, que l'on mettra en oeuvre avec nos prestataires attitrés, puisqu’ils ont été assez gentils pour nous les fournir sans exiger de dédommagement).
Pour se distraire un peu. Dans le CAC 40 on a beaucoup de meetings de coordination transverse à organiser, et comme c’est particulièrement pénible, on procrastine beaucoup devent son PC portable de petit cadre. Donc les réponses des nouveaux prestataires, pour peu qu’elles soient un tant soit peu littéraires (et elles le sont souvent car ils croient avoir une chance se distinguer par leur éloquence), permettent de se distraire et de s’adonner à la procrastination à loisir.
Pour créer du « buzz ». Les petits prestataires croient ainsi qu’ils ont une chance d’emporter le marché, alors qu’en fait il n’y a pas de marché.
C’est ainsi que Mademoiselle Dusk, grande experte des pratiques du CAC 40, choisit de passer son RTT de vendredi dernier avec un fournisseur connu de longue date, à la fiabilité éprouvée, et qui s’était contenté d’un texto qui disait en substance «J’aime te bourrer en levrette ».
La morale de cette histoire ? C’est que dans le CAC 40 il n’y a pas de morale.
Welcome on board....
17 avril 2008
Save the date !
N'oubliez pas, le cul de Dusk est à vendre demain vendredi !
Les enchères ne sont pas closes !
Déposez vos propositions ici même, elles seront traitées en toute transparence et en toute impartialité.
Le compte à rebours a commencé....
16 avril 2008
Pricing
J'ai toujours entendu dire que les prostituées pratiquaient une graduation tarifaire selon l'organe utilisé. "20 francs la pipe, 100 franc l'amour" ou quelque chose comme ça.
Cette tarification me paraît rudimentaire.
Je pense adopter une tarification beaucoup plus élaborée. En effet, je suis un peu lasse de la gratuité inhérente au Web 2.0, tout cela est très communautaire et convivial mais il est temps que je songe à rentrer dans mes fonds (et pas seulement à faire entrer des gens dans les miens - de fonds).
On n'est quand même plus au temps d'Emile Ajar !
Je compte proposer plusieurs modalités de tarification.
Première version : une tarification à l'option, comme chez Domino Pizza
- prestation de base : pénétration en missionnaire (200 Euros)
- 3 options de niveau 1 au choix : fellation, poivrons, levrette , anchois, cravate de notaire (100 Euros pièce)
- 3 options de niveau 2 au choix : sodomie, éjaculation faciale, mozzarella, tirage des cheveux (200 Euros pièce)
- à noter : la réalisation par le client d'une prestation de cunnilingus réussie lui donne droit à une option de niveau 2 supplémentaire offerte par la maison
Seconde version : une tarification à la durée, comme Vinci Parking
- 15 mn : 100 Euros
- Tout quart d'heure entamé est dû, le minimum de facturation est de 15 mn, y compris en cas d'éjaculation précoce, même sur présentation d'un certificat médical
- Paiement par carte bancaire directement dans la fente à la sortie, en cas de perte du justificatif, ou d'avalement de celui-ci par ladite fente, la totalité de la journée est dûe
Troisième version : une tarification au forfait (comme chez Free)
- pénétration en missionnaire, fellation, levrette , cravate de notaire,sodomie, éjaculation faciale, tirage des cheveux tout compris en all incluse pour seulement 20 Euros par mois !!! Affaire à saisir !!
- Mais uniquement une semaine par mois. La mauvaise. Il n'y a pas de service client ou plutôt il est injoignable.
Quatrième version : une tarification en fonction de la segmentation client (comme à la BNP).
A noter que pour effectuer le scoring, il sera demandé au prospect de fournir tous les justificatifs nécessaires (relevés de compte, déclarations de revenus, plus values foncières, OPCVM, SICAV, etc...). Le scoring sera défini à l'aide d'une experte de la Banque de France connue de Mademoiselle Dusk, afin d'éviter tout risque de créance douteuse. En effet le business de Mademoiselle Dusk est soumis à un strict contrôle interne, est compliant avec les nouvelles réglementations SOX, et applique les ratios Bâle II.
- Client Blue (pauvre) : une séance de chpouic chpouic par téléphone = 20 Euros
- Client Silver (median) : une bonne séance de schlac schlac qui défoule au Novotel = 300 euros
- Client Gold (riche) : une séance de luxure absolue en compagnie de Mademoiselle Dusk, grande manitoue du sexe luxuriant et luxurié au Spa 5 étoiles du Ritz, avec enveloppement dans des pétales de rose et fellation attentionnée. Tarification sur demande, réponse sous pli discret sur carton bristol 89 grammes.
Cinquième version : une tarification en time-share, comme au Lagon Vert* (*célèbre entreprise qui vendait des séjours de vacances au soleil en temps partagé au début des années 90)
- Achat d'une heure de baise hebdomadaire avec Mademoiselle Dusk pendant les 80 ans à venir = 150 KE
- Cette offre est cessible à votre descendance
- Le lit électrique médicalisé est fourni sur les dernières années du contrat pour permettre à Mademoiselle Dusk d'assurer ses prestations
La totalité de mon offre sera disponible en multi-canal.
C'est à dire par tous les trous, certes.
Mais surtout sur Internet, par téléphone et sur catalogue papier.
On est moderne ou on ne l'est pas, et pour réaliser pleinement son potentiel commercial, il faut savoir s'adapter à toutes les tranches de population sans rechigner.
Ha les affaires vont reprendre, je sens que ça va marcher !!
Michael Arrington, le célèbre blogueur de Techcrunch n'a qu'à bien se tenir !
14 avril 2008
Vente aux enchères !
Avis à la population !
Il est possible que Mademoiselle Dusk dispose d'un RTT ce vendredi 18 avril après-midi. (Le code du travail étant une notion fluctuante dans le CAC 40 mondialisé, ce n'est pas encore sûr).
Dans un but de rationalisation, elle a donc décidé de mettre son cul aux enchères.
Règles du concours :
1) Les projets détaillés devront être soumis publiquement sous forme de commentaire sur le blog Meetic et CAC 40, de façon à respecter la transparence qui sied à un appel d'offre de cette envergure. Il est interdit d'utiliser le mail dusktildawn@hotmail.fr.
2) Le gagnant gagnera un rapport sexuel totalement pornographique avec ladite Mademoiselle Dusk.
3) La facture de l'hôtel et la note de mini-bar seront à la charge du gagnant, ainsi que les éventuelles notes de teinturier si Mademoiselle Dusk porte une robe bleu marine de chez Gap.
4) Les projets non retenus seront dédommagés d'une séance dédicace personnalisée dans un bar, avec un bisou sur le front et un autographe.
5) En cas d'annulation du RTT, le gagnant aura droit à un avoir pour une séance ultérieure, majorée d'une prestation complémentaire de sexe oral pour dédommagement.
A vos claviers !
Fiesta (?)
Elle ouvre sa boîte mail.
« Viens chez moi ce soir j’ai une gaule de folie je vais te défoncer »
« J’ai encore rêvé de toi sous la douche ce matin c'était bon»
« Tu sens le cul, j’ai envie de te sauter » *
« Viens au hammam échangiste avec moi ce soir le samedi ça part en free-style tu te feras carrément gang-banguer ça sera hyper cool !!!! »
Ha un mail qui sort de l’ordinaire : une invitation à une soirée sans connotation sexuelle, et bon enfant en plus !
« Salut à tous,
La fêêêêêêêteu !! démarre à demain soir.
Voici le désormais traditionnel mail de proposition du "qui amène quoi" :
- Lydie : vin, saucisson
- Ludo : bières, Pringles
- Cédric & Xin : bières, Coca
- Antoine : dessert type brownie, jus de fruits
- Sam & X (Maïlys ou ton pote) : alcool de ton choix, apéricubes
- Nini : alcool au choix, pistaches, cacahuètes
- Manu & Aurélie : légumes (chou fleur, carottes, tomates cerises...), platines
- Emilie, Mathieu & son cousin : alcool au choix, biscuits apéro
- Clémentine & moi : un peu de tout ça, dont punch + gâteau anniversaire (quand même)
Hélène, Jérôme & Charlotte, Laurence, Fanny & Alex : si vous venez, amenez ce que bon vous semble ;-)
Vivement demain soir,
Cédric "
Je précise que l’inviation émane d’un homme né sous Pompidou, et non d’un jeune Kevin qui habite dans une soupente et demande à ses copains de lycée d’amener des chips (pardon ! des Pringles, pas n’importe quelles chips) et du Banga. Non cet homme-là est cadre supérieur dans une grande entreprise du CAC 40, concurrente directe de We Feed the World d’ailleurs.
Hou je vais y aller, j’ai très envie de goûter le « dessert type brownie ».
09 avril 2008
Procrastination
C’est le week-end. Mademoiselle Dusk est chez elle. Elle est pleine de bonne résolutions.
Toutes ces professions libérales c’est bien mais il faut que je mette en œuvre mon puissant plan de networking relationnel. Je suis une winner, une battante, une executive woman ! J’ai une niaque de ouf ! Ils vont voir ce qu’ils vont voir à We Feed the World ! Bientôt je partirai en chantant « Au revoir Président » et en montrant mon cul comme dans la pub du Loto. En plus j’envoierai un mail de départ salé, du genre « Je ne remercie pas Jean Guy K Pinchon IIIrd, qui est un minuscule étron flottant dans la galaxie We Feed the World et pas un Danube de la pensée productiviste et qui n’a même pas su reconnaître ma valeur et en plus je sais que c’est lui qui met des affichettes à propos de la balayette dans les toilettes ». Ca va saigner !!
Je vais m’y mettre. Tout de suite.
Il faut que je rappelle ce Monsieur Hubert, il a l’air d’avoir des bons contacts à la holding de We Feed the World. Et puis il y a aussi l’amant du bloggueur, cet Emile Ajar, si ça se trouve il travaille dans l’édition, et il pourra me faire publier. Et puis il faut que je fasse monter la cote de mon blog, je dois absolument entrer en contact avec le bloggueur le plus célèbre de la planète, Michael Arrington de Techcrunch.
Et je dois revoir le chasseur de tête, Monsieur Pinchon, de la Société Française de Recherche de Nazes, j’avais promis de le rappeler pour confirmer mon intérêt pour le poste de chef de produit Minitel qu’il proposait chez France Télecom. A moins que ce ne soit pour le poste de chef de produit Bibop, je ne sais plus trop. Enfin c’étaient quand même de belles opportunités professionnelles sur des technologies d’avenir !
Et puis j’ai 234 notes de frais à saisir dans le système de Travel and Expenses, cela représente à peu près un an de salaire, mais je n’ai pas bien compris la manœuvre pour créer une nouvelle note de frais, à chaque fois j’ai un pop-up qui me dit que j’ai fait un dépassement quand je saisis une facture du Sofitel. Pourtant je prends toujours soin de choisir le tarif « day-use » ! C’est moins cher.
Et j’ai oublié de renvoyer mes feuilles de sécu pour mes jolies lunettes à marque « Bip Burger » (anciennement Prada), myope comme je suis il y a en a pour 2 mois de salaire. Ha et puis mes plaques électriques sont en panne, il faudrait que j’appelle Darty, en attendant je fais cuire mes spaghettis au micro-onde. C’est pas très bon, ça plâtre un peu et mon ventre est tout gonflé. Et je crois que j’ai 15 robes Seniorita en attente chez le teinturier, là je suis obligée de ressortir mes vieilles robes Pecca Mode en acrylique, ça gratte sous les bras et ça fait transpirer. Du coup je ressemble de plus en plus à une héroïne d’Emile Ajar justement.
Et j’ai 45 vidéos pornographiques à rendre au vidéo club. Et puis il faudrait que j’aille au Club Med Gym, pour l’instant la séance d’abdos me revient à 76 euros la demi-heure selon mes calculs.
Et puis je n’ai pas fait de machine depuis 3 semaines. Ni lancé le lave vaisselle d’ailleurs.
Hou ! Tout ça à faire !
Bon je m’y mets dans une heure. Là je vais regarder mon Hotmail je suis sûre qu’il y aura quelques messages pertinents. Ha ! deux messages « Ce matin j’ai rêvé que je te sautais, tu étais bonne – Zizi_coquin 45 ». Bon. « Viens chez moi j’ai envie d’une pipe zizi_rigolo56 ». Hum Hum. Pas de commentaire du blog ? Il faudra que je remettre une bonne louche de provocation pour stimuler mon auditoire. Un truc comme « Bande de branquignoles, on préfère commenter les images de sodomie chez Comme une Image, ou se branler sur les récits de Mémorandhomme plutôt que de se sortir les doigts du cul pour commenter intelligemment chez Mademoiselle Dusk ! » devrait suffire.
Rien sur les SMS non plus. Ha si ! « J’ai une furieuse envie de t’enculer tu verras je vais bien t’exploser les fesses_ zizicoucou30 ». Hé bien quelle littérature aujourd’hui ! C’est la Pléiade au grand complet !
Bon je vais me faire un bon petit café au lait Régilait. Ha il n’y a plus de filtres ni de café, je n’ai pas fait les courses.
De toutes façons je n’aime pas vraiment le café, je vais juste m’allonger avec un bouquin de Balzac, « Splendeurs et Misères des courtisanes », par exemple. Ca n’arrive pas à la cheville de mes amis du mail et du sms, mais c’est pas trop mal écrit.
Ha ça fait quand même 500 pages ? C’est long.
Je vais aller m’acheter Télérama. Bof c’est un peu intello. Et puis il fait froid, et je suis en pyjama.
Ha tiens il reste un Voici de 1987 dans les toilettes, je vais le relire. Ha c’est sympa, il y a Stéphanie de Monaco en photo avec son amant de l’époque, Mario Jutard. Je l’aimais bien celui-là, il avait un patronyme évocateur. Que de souvenirs …. Le lycée à l’architecture type Jussieu, l’acné des hard rockers, le flipper, les besaces US pleines de typex ….
Hou ! J’ai sommeil ! Il faudrait que j’enlève mes belles lunettes Bip Burger, je vais tordre les branches. Ho tant pis, je les redresserai tout à l’heure avec un tournevis. Ha il faudra que j’en achète un parce que je n’ai pas de boîte à outils.
Hou ! qu’est-ce que j’ai sommeil ……
Ron Ron Ron….. ZZZZZZZZZZZZ
Voix Off Sépulcrale : Mademoiselle Dusk, quelle procrastination ! Vous n’irez jamais nulle part, vous ne ferez rien de votre vie ! Secouez vous les puces nom d’un chien !! Pensez à Michael Arrington, lui il a réussi dans le Web 2.0 !
Ron Ron ZZZZZZZZ
17h : Mademoiselle Dusk se réveille la bouche un peu pâteuse. « Si je regardais Motus ? J’aime bien la chanson du générique MoMoMoMotus, et puis Thierry Becaro est sympa ! Ha oui je vais faire ça et puis je vais me faire cuire une bonne boite de raviolis, avec du fromage râpé dessus c'est super bon ! Juste après je mets mon plan à exécution ! I'm a winner ! »

